samedi 10 mai 2008
De la brieveté des expositions
Trois raisons d'apprécier le blog short-exposure :
- La recherche d'univers (photo)graphiques originaux.
- La sobriété élégante des présentations.
- La démarche de partage du beau.
Photos: Dorothy-shoes (photo 1), Matt Stuart (photo 2) et Julia Dunin-Brzezinska (photo 3)
samedi 5 avril 2008
De l'aveu en français d'une certaine faiblesse
Il y a bien longtemps, je publiais une note sur le projet PostSecret. Ce projet est défini comme suit : PostSecretFrance est un projet artistique qui permet à n'importe qui de partager ses secrets en les écrivant sur une carte postale de façon créative et anonyme et de les envoyer par la poste.
Les plus perspicaces auront noté la mention de France accolée à Post Secret. En effet, à l'heure où je postais la première note, n'était - du moins à ma connaissance - disponible qu'une verson anglosaxonne, pour ne pas dire américaine du projet. Et voici que consultant la mise à jour hebdomadaire après une longue absence, je trouve mention des versions françaises, allemandes et espagnoles de ce même projet.
Une copine à l'époque m'avait rétorqué, alors que je lui faisais découvrir le blog, qu'elle ne voyait pas l'intérêt de tout ça. Sans doute l'humanité, par ses peines et ses joies, ses déceptions et ses espoirs ne l'intéressait-elle pas, à plus forte raison en langue anglaise. Peut-être changera-t'elle d'avis en prenant connaissance de cette version - si d'aventure elle tombait sur SourLounge ...
Ne comprenant pas un traître mot d'allemand, je laisse les germanophones découvrir par eux-mêmes la teneur de son contenu. De même, les hispanophones devront se contenter d'une traduction dans la langue de Cervantès du PostSecret original.
Ne reste donc qu'à vous proposer quelques extraits du PostSecret français.
Florilège
samedi 1 mars 2008
De la coordination des photos
Bon. J'avais dans l'idée de piocher quelques belles photos dans zyeuter.com, histoire de remettre une touche de gaieté par ici, par là, un poil de couleur qui jurerait heureusement avec tout ce noir. Manque de bol, j'ai une note qui me taquine depuis un bout de mois, et je suis retombé dessus autant qu'émerveillé par la délicatesse mélancolique.
Je vous ferai grâce de l'apologie ou de l'analyse critique, je ne m'en sens ni la capacité, ni la motivation. Dites-vous juste que ce qui suit me parle de beauté fantomatique, de nuit pluvieuse, de cabinet obscur dans lequel se réfugier. Dites-vous juste qu'il y a matière à découvrir, tant par l'image que par les mots, et que ceci est à la portée de qui veut.
LE BATON POUR SE FAIRE BATTRE
Y avait pas mal de monde à ma naissance , ça faisait plus que 15 ans que ma mère attendait ça.
Elles n’étaient pas toutes là les meilleures avaient donné des mots d’excuses
Mais sur mon berceau se sont penchées les
Ph& romone (ça peut servir)
Ph& riboat (j’aime beaucoup Londres)
Ph& néante et sa cousine Ph& gniante ( elles sont venues à deux et ça se voit)
Ph& minin ( bein oui il a bien fallu choisir un sexe)
Ph& lonne ( elle était pas invitée mais elle venue quand même)
Ph& tarde (elle était invitée et c’est tant mieux)
Ph& morale (pas très efficace)
Ph& C ( aïlleuuu)
Ph& lure (elle a bien œuvré celle là au niveau de mon cortex)
Ph& moi mal et son pote johnny ( pareil même punition)
Ph& licitation ( tu parles !)
Ph& niqué (wé j’vois vois venir mais c’est un ptit additionné d’acide)
Ph& moi tout (nan mais ça va pas nan !)
Ph& attention ( qui a brillé par son absence)
Et d’autres …. Mais ma mémoire ph& blie
Donc le premier qui me traire de ph& calome (merci mr chypor)je lui marave sa race....comme dit angel
ki Ph&kiffer était pas de la noce non plus ( merci croute) et je le déplore
Phédia Mazuc, en un lointain ailleurs et diverses places actives ou défuntes, les curieux trouveront
Et puis je n'ai pas d'album de photos personne pour les feuilleter après moi
Tu comprends ma difficulté avec la mémoire chronologique
la mémoire comme choix d'oublier ou de confondre
pourquoi perdre mon temps à les prendre
pourquoi prendre mon temps à me perdre
Ne pas savoir mettre deux mots à la suite
Du pourquoi j'aime lire prendre perdre peindre
Marécages de pensées
dimanche 26 novembre 2006
De l'érotisme des croquis [ATTENTION NOTE PORNOGRAPHIQUE]
Est-il possible ? Un blog original, par sa forme et son contenu, qui n'est pas en lien chez tous les passants de la place ? Actif à tendance prolifique ? Ah ... Il est érotique aussi ... Tant pis, que les regards chastes se voilent ...
Ainsi donc, le Site de Camille nous propose régulièrement des croquis en couleurs, tanguant entre érotisme inspiré et pornographie débridée, tracés, il va de soi par la main douée de ladite Camille.
A travers de petites scènes agrémentées d'un commentaire, une vision du sexe, de l'acte d'amour, libertine voire "alternative", nous emmène entre transexuels, hommes soumis, petites filles perverses, parties fines, BDSM et autres saphismes.
Le trait léger, parfois brouillon, les corps exultent, l'extase s'installe et les situations explosent, ode à un sexe sans tabous, joyeux, euphorisant, et les exergues ajoutent une touche d'ironie désarmante, désamorçant s'il était besoin, la scène qui se joue en dessous.
Se retrouve dans son trait Creipax peignant Sade ou Pauline Réage (Histoire d'O), se retrouve dans l'ironie des situations le Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation de Pierre Louÿs.
Et puis, entre une scène urophile et une transexuelle au long membre, apparaît un dessin de presse, contre le CPE, contre les intégrismes, toujours abordés sous l'angle érotique et la légèreté s'imprègne d'engagement.
On ressort alors de chez Camille, un sourire léger aux lèvres, une lueur pétillante au coin des yeux, ravi de cet étalage ni vulgaire ni salace. Vous en doutez ?
Florilège
Sévère Camille avait décidé et il fallait se plier à sa volonté.
Monsieur Chose n'en revenait pas de son bonheur. Ce n'était rien à côté du pied que prenait Pipo.
"On ressort toujours trempée de la piscine" pensait Gwen.
"-Félicitations, Anna. Vous avez su séduire ma mère, et Dieu sait qu'elle est difficile. -Oh, monsieur Vandermeersch, si vous saviez ..."
Le petit Chaperon Rouge se disait que, finalement, le pot de beurre aurait son utilité.
Exposition universelle.
Bombe atomique !
"Quelqu'un est en train de me sucer" dit Petit Ours Brun.
J'avais demandé un portable pour Noël il me semble ...
"Sophia, Sophia" soupirait Marie-Antoinette
Sylvia regrettait déjà son parfum "Sauvage".
CPE : Villepin ne retire rien
Une vieille légende hongroise affirme que l'urine de la mariée guérit les varices. Certains disent que c'est une belle connerie.
Garder sa virginité intacte pour la nuit de noce avait été un combat de tous les jours pour Jean-Eudes.
mercredi 22 novembre 2006
Du sang-froid passionné
Vous aurez peut-être compris que mon exploration des blogs tend quelque peu à se restreindre, la nouveauté passée. N'en reste qu'une poignée, consultés régulièrement, et une autre poignée, des références que je fréquente occasionnellement.
Parmi ces dernières, il en est une, de référence, dont le verbe a une sage innnocence, une clairvoyance aveugle, une justesse intime qui ne cesse m'émouvoir, à chaque passage, fut-il quotidien ou non.
ArdentePatience, la dame en blanc, poète de son quotidien, journaliste de son intimité, contant, mêlés, ses déboires et ses fantaisies, parlant au mobilier des rigueurs de la hierarchie, chantant son enfant en mère inspirée, songeant les flots et leur écume, riant du regard d'un passant, rêvant l'amour et la bonté.
Elle fut parmi mes premières découvertes, jouant un rôle notable dans cette accoutumance aux journaux éléctroniques, donnant des ailes à mes pensées par la simplicité de ses réflexions, inspirant la marche des mots, avant que le temps et la réalité ne rappellent chacun dans sa tour.
Et elle écrit toujours, avec la même prolixité, livrant confidences et réflexions au passant surpris ou à l'habitué charmé, et ses mots conservent la même force évocatrice, la même charge émotionnelle, rire ou larmes.
Si vous ne l'avez encore découverte, profitez de cette occasion pour faire un tour en son jardin d'hiver, pour ma part, j'avais envie de parler d'elle.
Florilège
"A 32 ans j’entre dans la vie active comme on dit, je suis imposable et
tous les matins désormais je m’achemine vers la boîte où quelques
heures durant je respire, avec la sourde peur au ventre de ne pas bien
faire mes devoirs.
Est-ce parce que nous sommes au troisième millénaire qu’on ne doit pas se dire bonjour ?"
"Je suis désolée, je ne suis pas d’accord, l’amour ne peut pas faire de mal
gardez vos nuances
vous n’avez pas assez souffert
Si j’ai mal pour
Oh
Si j’ai mal parce
Qu’oh
si j’ai mal de
Par
En
Sous
Là
Sur
C’est parce que pour de par en sous là sûr
Je ne marche pas sur le fil de l’amour
Ne suis pas la musique
N’écoute pas ce qui se dit en moi
Des impasses et j’en passe
Un lambeau d’humain amour sur les mains
Son sang sur la conscience
Je ne veux plus d’idées
Je suis désolée
J’ai grondé Tim pour
Parce qu’oh
De par en sous sur là
Quand il m’a dit « mais qu’est-ce que j’ai fait ? »
Injuste je suis morte
Que je veux bien mourir
Si je ne fais plus pleurer mon enfant"
"Aujourd’hui
N’importe quel fil fera l’affaire …
J’ai
touché le petit lapin, sorti de son terrier, avec la crainte jamais
résorbée apprenais-je que sa mère ne reconnaisse plus son odeur. Avec
la crainte."
"La
boulangère a pris un coup de vieux. Plus ventrue, le cheveux décoloré,
le regard absent. Je ne savais pas quoi lui dire. Faisons comme si de
rien n'était puisque nous irons au ciel brumeux de nos pensées quand
nous reprendrons le train, seules, de la vie urbaine.
L'autre
boulangère aussi — elles sont deux, Isabelle et Eliane — n'est pas en
bon état. Elle est en dépression depuis des dizaines d'années
maintenant. Elle rentre le week-end s'occuper de son papa malade et de
sa maman fatiguée. Non, elle n'est pas mariée, pourquoi vous demandez ?
Puis, lui, le baladin, qui annonce que les poèmes de Thérèse de Lisieux l'écrasent.
La
peine, la solitude d'une âme peuvent vous compresser. Je ne suis ni
toute petite, ni grande, peut-être les dimensions humaines se
bagarrent-elles au fond de moi en esquisses d'étincelles ... cependant,
je remonte à la prochaine station. J'attribue une note mentale aux
désastres que je croise, lance une fusée en direction des misères
atroces jonchant les espaces que nos âmes ont tout le mal à envisager.
On
finirait par dire : 400 000 sonts morts en plein soleil ? Quel
soulagement. Pourvu qu'ils soient bien morts, nous leur dédierons les
nuages, car nous comptons bien les rejoindre, en passant prendre le
pain pour le repas de nos sentiments épars et déchirés."
"Ma
maison tangue, on monte, on baisse la voile, elle se défigure, se
transfigure, se défait, se remonte, se recompose sans cesse, elle se
pèle, s’épelle, ressemble à ma vie, elle flotte au milieu des eaux
berçant la terre, survit par je ne sais quel miracle tant j’œuvre par
défaut à la faire chavirer. J’aimerais me réveiller et épier la
conversation du coffre et du piano, ils ont en vu, tous les deux et
vivent admirablement. Ouais, vous allez rire, j’allais dire, « je les
aime » (« je suis triste » ne devrait pas tarder), je ne les ai pas
nommés, non, pas encore, j’y pense tout juste à Robertin et Monsieur
Klein (le fabricant du piano, en attendant), pauvre coffre, il est bien
plus beau que cela, il va penser que je me moque, évidemment Balthazar
irait bien, mais non, il ne lit pas de magazines, il pense à un saule
pleureur qui regarde la danseuse de l’autre côté de la rive, il ne la
perd pas des yeux, il est infranchissable ce fleuve, si loin le temps
depuis qu’il la désire qu’il s’appelle Enfantin le Coffre aux grands
yeux fins."
samedi 9 septembre 2006
De la connaissance quotidienne
Chose étrange, alors que le tour des blogs ne m'amuse plus guère voici que j'en reviens, comme l'on peut revenir de la SPA accompagné de ce chiot dont on se demande bien ce qu'on va pouvoir en faire dans un deux pièces au quinzième sans ascenseur mais que quand même qui aurait pu résister il avait un tel regard implorant que ne pas y répondre aurait été un crime ...
Donc un blog, tout nouveau tout beau, enfin pas le blog lui-même mais sa découverte, dont la vocation, louable au plus haut point, est de "(ré)apprendre un mot par jour", et la sous-vocation, au moins aussi louable, de "se cultiver avec des mots impossibles à replacer dans une conversation".
Dingue non ? Allez hop,
Florilège
abstrus
bonjour,
le mot du jour est abstrus
du latin abstrudere repousser
didactique : dont la difficulté rebute l'esprit, abscons, obscur
symposium
Bonjour,
On commence l’année avec symposium
n.m. (du grec sumposium, banquet par référence au Banquet de Platon)
Réunion ou congrès de spécialistes, sur un thème scientifique particulier
Cordial
Semaine spéciale « ces mots qui veulent dire plus que ce que l’on croit »
Bonjour,
Le mot du jour est cordial.
Couramment, l’adjectif cordial signifie, tout simplement, qui vient du
cœur, sincère. On parle d’un accueil cordial, de sentiments, de
manières et même d’une entente cordiale.
Mais cet adjectif a un sens plus
littéraire (ou plus vieillot) : qui stimule le fonctionnement du cœur.
Par extension, cordial est un nom masculin qui s’applique à une boisson
alcoolisée et on pourrait même parler, pourquoi pas, d’un massage
cordial (au lieu de cardiaque)…
mercredi 12 juillet 2006
Du quotidien des avenues
Je vous le précisais tantôt, juillet sera consacré à la photographie. Juillet sera également consacré aux notes non publiées précédemment.
Aussi je vous présente ce jour Les gens dans la rue, blog photographique dont le propos explicite est de présenter une photo quotidienne.
Son auteur, Jean-Louis Gendrot, définit lui-même son projet avec justesse :
"Retraité SNCF.... Je prends maintenant le temps de prendre mon temps... et de photographier les gens dans les rues.. Dans ces rues justement, où il existe une multitude de situations à capter... Situations souvent cocasses, drôles, cyniques, inattendues, cruelles.. Il suffit de déclencher.... Oh, il ne faut pas aller bien loin, il suffit de s'asseoir et d'attendre.. L'évènement va se produire inévitablement... C'est la photo qui vient à nous et non pas le contraire... Bien sûr, il faut avoir beaucoup de chance pour avoir sous nos yeux, le p'tit truc qui fait la différence.. Et là, soyons humble et honnête, le talent n'y est pour rien...."
Forts de cette vision des choses, je vous laisse découvrir le résultat par vous-mêmes :
Florilège
[vous noterez que le temps des vacances est venu en France métropolitaine, de sorte que la reprise de ses publications aura lieu début septembre ... ce qui vous laisse le temps de faire le tour des 109 photos déjà en ligne]
mercredi 28 juin 2006
Des truculentes insignifiances
Un atout des journaux en ligne réside dans la diversité des rédacteurs, le plus anonyme côtoyant le plus renommé.
Aussi est-ce avec un plaisir non-dissimulé que j'ai appris la création d'un blog tenu par Lewis Trondheim lui-même, figure de proue de ce que la presse spécialisée qualifie de "nouvelle B.D.", au point d'avoir remporté le grand prix (ou prix d'honneur)(ou je ne sais trop quelle consécration grandiose) du dernier festival d'Angoulême.
Les petits riens narrent les turpitudes quotidiennes d'un auteur prolixe, à travers le Festival d'Angoulème, les rencontres avec ses amis bédéastes (tiens, sympa comme néologisme)(mais en est-ce seulement un)(n'importe) ou non, l'adoption d'un chaton ou simplement des bêtises de grand adolescent pas encore revenu de tout.
Comme souvent chez Trondheim, les personnages ont des têtes animales (chères aux amateurs de Donjon ou de Lapinot), Lewis lui-même se représentant selon les interprétations en perruche ou en chouette. L'expressivité des personnages n'en est que meilleure, et le sourire n'en vient que plus facilement.
L'humour est en effet omniprésent, un humour léger, ironique, parfois potache, souvent fait d'auto-dérision, toujours empreint de tendresse. Un humour frais dirai-je, qui fait mouche mine de rien.
Il est à noter que dans un souci de préservation de la propriété intellectuelle, les notes vont s'estompant avec le temps, limitant la lecture aux cinq voire six (pour les bons yeux) dernières notes.
vendredi 28 avril 2006
De la multiplication des liens (part 2)
Intermède littéraire quand les photos abondent, parlons Destins Ecrits, les deux dernières entrées.
Colères essentielles du superflu ...
M.R. et V.L., dames pour ce que j'en sais, conjuguent leurs deux talents, la première par écrit, la seconde par photos, et créent par cette jonction, un espace délicat, de sensibilité, sans formule prétentieuse ni hauteur audacieuse, juste des quotidiens, des passés, des futurs.
La première nous emmène dans des portraits de temps, du comptoir d'un bistrot aux souvenirs défunts, des images ciselées chargées d'émotions vives aux couleurs douces-amères, un peu tristes, un peu gaies.
La seconde nous décrit les histoires subreptices d'un instant immobile, figées dans tout leur sens, à décrypter d'un oeil vagabond et curieux.
Il aurait plus à dire, je n'ai tout parcouru, mais vous engage vivement à explorer vous-mêmes les galeries de photos, les archives et les liens.
... (ou inversement)
"[...] Il y avait là des têtes blondes, rousses et noires. La fille du médecin, pomponnée avec soin et se battant pour avoir des airs de déjà femme. L’obèse complexée au match pugnace, jusqu’à la victoire d’une perte incroyable de kilos. La petite mate aux rires permanents, armure gaie à planquer une infinie tristesse. La paumée de la DASS, collectionnant les avertissements policiers mais qui sonnait à votre porte le dimanche pour vous annoncer la joie d’avoir rencontré sa sœur pour la première fois. La fragile en grand retard scolaire, pleurant à chaque phrase qui lui était destinée. Les émotives, les exubérantes, les discrètes, les tranquilles, les cabossées. Vingt-cinq tendres pousses à se réunir une fois par semaine dans un local prêté, pour échafauder, projeter, construire, s’amuser ou juste discuter.[...]"
Tim's time
"Contumace
C’est en vin que l’on oublie au fond des bistrots, avec les rires pour déguisement et les trinques pour planque.
C’est en verre que l’on noie nos dernières rimes, avec les mots pour ne pas dire et les baisers pour mensonges.
Parfois on se retourne pour voir le fantôme. Parfois même on tend la
main vers le vide pour effleurer sa joue du bout des doigts. Et ce
geste absurde a le désespoir d’un sanglot."
Aux dates de nos commémores il y a les croix que l’on se plante encore."
Sous les pavés, la sage ...
Shangaï Flow
Mister K pour sa part écrit comme d'autres rappent, d'un flow fluide et souple, mâtiné de tendresse, et forme des images d'un regard sur les rues, sur les cités sauvages ou la magie de l'Ouest.
Sa prose tantôt inquiète, tantôt chargée de rires, coule d'une source sereine, et pose du plus grand calme pensées et rêveries, toujours au gré d'un rythme cadencé, naturel.
Alors bien forcément quand il parle musique, par recommandation ou simple nostalgie, les pieds tentent la gigue et les têtes dodelinent, élan irrépressible né de la force des mots.
Et s'il est fort prolixe, autant en contenu qu'en productivité, un instant par chez lui laisse songeur une journée.
Bloggy Poetic X-perience
"Street Knowledge - Track Three
Un enfant rit tout en courant autour d’une orgue d’église qui joue en continu les deux mêmes notes graves. L’autel est couvert de sang séché.
Tout est noir ou blanc avec de lugubres zones grises sur les murs. La lumière provient de la lune au dehors qui passe quelques rayons timides et blêmes par les vitraux.
La nef est vide et les portes du temple sont brisées. Des morceaux de bois défoncés à la hache jonchent l’entrée.
Sur les marches de l’église des feuilles décomposées. Une silhouette noire est assise sur les marches, le visage recouvert d’une capuche, sur ses genoux un livre, un livre aux pages blanches sur lesquelles coule goutte à goutte un liquide gris.
Des larmes de désespoir.
Nos âmes subissent des pressions inouïes pour que nous puissions lever la tête.
L’ Armaguédon. Encore...
Oui et plus que jamais. Regarde. Regarde ceux qui s'attroupent sur le parterre. Ils veulent leurs poches pleines de fric et leurs yeux sont injectés de sang. Ils rythment leur mouvements cyniques par des coups de canons côtés en bourse.
Ils sont comme des proies prises au piège. Leurs jambes s’enfoncent dans l’asphalte gluant.
Je les entends pleurer comme des gamins sans pères, ils braillent, les veines de la gorge gonflées, prêtes à péter, criantes de vérité comme les racines qu’il leur manque.
Un éclair. L'orage. Et plus rien.
J’ai vu leur destin."
"Breizh Ma Bro
Il existe un pays où l’ombre joue avec la lumière
Un pays où le sombre est l’ami du clair
où le joli temps se nourrit de pluie et d’éclairs
Un endroit du monde où la mort est sœur de la vie
Où la vie ne s’apprécie qu’en contemplant les tombes
Un pays d’occident au bout du monde
Il est un pays où vécurent les dragons
Un pays parcouru de preux chevaliers en armures
Un pays où chantent encore les fées aux bords des ruisseaux
Disant en langue celte la bonne aventure aux amoureux du beau
Il existe un pays où les mots sont vieux comme la pierre
Où les pierres chantent les amours du cœur et du fer
Un pays où la langue porte la gaieté et la nostalgie au cœur de sa grammaire
Il existe un pays où naissent à chaque génération
Des rois du nom d’Arthur ou bien d'Alan
phœnix de chair et de sang
Qui de leur peuple dénigré font une grande nation
Un pays où les anciennes sources ne meurent jamais
où Brocéliande n'est point cachée
pour ceux qui savent son vrai nom
Il existe un pays au drapeau noir et blanc
Un pays où le ciel joue de la harpe
Sur une terre qui bat comme un tambour entre des éclats de brumes
Un pays d’occident au bout du monde
Un pays qu’en France on nomme Bretagne…"
mardi 18 avril 2006
De la multiplication des liens (part 1)
Les plus attentifs auront noté l'apparence de nombre de liens sans le traditionnel laïus, ce qui, je vous l'accorde peut être perturbant pour les plus sensibles. Disons qu'un énième projet de note avorté aura précipitament été devancé d'une actualisation de toutes ces choses merveilleuses dont je voulais vous parler. Mais puisqu'ils y sont, autant que je m'y mette.
:: Collectivisme ::
Initié à trois paires de mains, Le Cri du Cagou se veut un blog calédonien, sinon d'information, du moins de culture. Art et artiste, manifestations et intervenants, les rédacteurs s'emploient à parler de ce pays sous des angles divers et variés, et rejoints régulièrement par de nouveaux rédacteurs, les approches se diversifient, se complètent, se chevauchent pour tracer une vision différente de ce beau pays, et de ce qui s'y fait. Il a été un temps question de le présenter comme un nakamal virtuel, un endroit où l'on échange en paix sur tous les sujets, sans kava, virtualité n'aidant pas. L'idée a été mise de côté pour la perception parfois exacerbée que les gens peuvent avoir du nakamal, pourtant force est de constater que plus que jamais on s'en approche.
Dans un autre registre, l'ami Klaquette avait initié La Culture au raz des Klaquettes, blog annexe où il entendait débattre de culture, présentation et critique à l'appui. Depuis peu il a été admis que ce blog pouvait avoir une vie propre si l'accès était ouvert à de nouveaux rédacteurs. Les rubriques ont donc été étoffées pour que chacun puisse à son gré s'exprimer sur le cinéma, la littérature, la musique, les jeux ou encore les séries télé. Sa nouvelle vie débute à peine, mais au vu des demandes à écrire, il ne fait aucun doute que nous aurons bientôt un regroupement d'avis et de suggestions des plus hétéroclites.
BigBand
L'ami Cl1c Cl4c aime la photo et sais en faire. Et l'ami Cl1c Cl4c s'interroge sur cet instant particulier durant lequel le photographe est coupé de sa prise de vue. Il en résulte l'Instant "t", une exposition de photo quotidienne agrémentée de reflexions sur ce moment. Plaisir des yeux et de la langue, la présentation sobre confère à ce blog une atmosphère sereine, magique presque, lutins et fantômes n'étant jamais bien loin.













































