Sour Lounge

:::Vivisection à blog ouvert::: ::::::::::::Part2::::::::::::::::

lundi 18 août 2008

De la cartographie postale 1

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Un bleu prioritaire traverse sans sirène et bifurque. Une camionnette le suit. Une suivante, remplie d'officiers armurés, la même, une suivante, encore une, une de plus, encore, encore, encore.

Plus loin, des motards nerveux dévient la circulation.

Laissent passer des camions de gendarmes mobiles, des véhicules blindés pour lever les barrages.

Dévient encore la circulation.

Une centaine de guerriers armurés est présentement lancée contre des syndicalistes réputés prêts à en découdre.

On ignore à cette heure si intimidation, coup de force ou colère, motivent ce déploiement. N'en restent pas moins les paroles, ailleurs, d'un syndicaliste policier, annonçant qu'on irait chercher quiconque tirerait sur un flic. Il ne précise rien pour ce qui est de tirer sur un pas flic.


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lundi 11 août 2008

Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray, traduction de Edmond Jaloux et Félix Frapereau

PREFACE



L'artiste est un créateur de beauté.
 
Révéler l'art et cacher l'artiste, tel est le but de l'art.
 
Le critique est celui qui peut transposer d'une autre manière ou traduire en éléments nouveaux son impression de la beauté.
 
La forme de critique la plus haute, comme aussi la plus basse, est une espèce d'autobiographie.
 
Ceux qui trouvent aux belles oeuvres de vilaines significations sont corrompus sans être élégants. C'est une faute.
 
Ceux qui trouvent aux belles oeuvres de belles significations sont les esprits cultivés. Pour ceux-là il y a de l'espérance.
 
Ils sont les élus pour qui les belles choses n'ont d'autre sens que la beauté.
 
L'appelation de livre moral ou immoral ne répond à rien. Un livre est bien écrit ou mal écrit. Et c'est tout.
 
L'aversion du XIXe siècle pour le réalisme, c'est la rage de Caliban reconnaissant son image dans un miroir.
 
L'aversion du XIXe siècle pour le romantisme, c'est la rage de Caliban ne reconnaissant pas son visage dans un miroir.
 
La vie morale de l'homme est un des sujets que traite l'artiste, mais la moralité de l'art consiste dans le parfait usage d'un instrument imparfait.
 
L'artiste n'entend rien prouver. Tout se prouve, même ce qui est vrai.
 
L'artiste n'a pas de préférence morale. Une préférence morale, chez l'artiste, est un maniérisme de style impardonnable.
 
L'artiste n'est jamais malsain. L'artiste peut tout exprimer.
 
La pensée et le langage sont, pour l'artiste, les instruments de son art.
 
Au point de vue de la forme, le modèle de tous les arts est celui du musicien. Au point de vue du sentiment, le modèle est le talent de l'acteur.
 
Tout art est à la fois surface et symbole.
 
Ceux qui plongent sous la surface, le font à leurs risques et périls.
 
Ceux qui sondent le symbole, le font à leurs risques et périls.
 
En réalité, c'est le spectateur, et non la vie que l'art reflète.
 
La diversité d'opinion sur une oeuvre d'art indique que l'oeuvre est neuve, complexe, et vivante.
 
Où les critiques ne s'entendront pas, l'artiste est d'accord avec lui même.
 
On peut pardonner à un homme de faire oeuvre utile, tant qu'il s'abstient de l'admirer, pour faire oeuvre inutile, il n'est d'autre excuse que de l'admirer infiniment.
 
Tout art est complètement inutile.



Dorian_Gray_by_Keynant



CHAPTRE II



[...] et pourtant, je crois que si un seul homme osait vivre sa vie pleine et entière, s'il osait manifester tous ses sentiments , exprimer toutes ses pensées, réaliser tous ses rêves, le monde en recevrait un tel renouveau de joie, que nous oublierions toutes les insanités du Moyen Age, pour revenir à l'idéal hellène - peut-être même à je ne sais quoi de plus beau et de plus complet que l'idéal hellène. Mais le plus brave de nous a peur de son moi. La coutume sauvage de la mutilation a ce prolongement tragique dans ce renoncement personnel qui désenchante notre vie. Nous portons la peine de nos résistances. Tout désir que nous cherchons à étouffer, couve en notre esprit et nous empoisonne. Que le corps pèche une bonne fois, et c'en est fait de son péché, car l'action a une vertu purificatrice. Il n'en reste rien, que le souvenir d'un plaisir ou la volupté d'un regret. Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée du désir malsain de ce qu'elle-même s'est interdit, consumée de l'âpre envie de ce que ses lois monstrueuses ont rendu monstrueux et illicite. Les grands évènements du monde, a-t'on dit, se passent dans le cerveau. C'est aussi dans le cerveau seul, que se passent les grandes péchés du monde.[...]



Illustration : Dorian Gray, par ~Keynant, sur DeviantArt

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dimanche 3 août 2008

De la grosseur photographique

Lisez-vous la presse ? Lisez-vous la presse en ligne ? Lisez-vous la presse internationale en ligne ? Ça vous regarde ...

 

Que vous la lisiez ou non, vous n'êtes pas sans savoir - à défaut faites un effort, imaginez - que la photographie de presse offre une richesse en matière de clichés et de visibilité qu'envierait le moindre artiste exposant.

 

Hélas, car le monde se refuse à n'être qu'amour et félicité, ces clichés sont rarement exposés dans un format permettant de les apprécier dignement (chapeau à la main et main sur le cœur)(ou comme elles se doivent, c'est selon), et sitôt publiés, sont remisés aux archives, la fonction de la presse voulant qu'ils soient remplacés immédiatement par de nouveaux.

 

En outre, votre imagination débordante mâtinée d'une touche de réflexion vous aura déjà fait entrevoir que pour une photo publiée, il en est toute une série oubliée par le monde, parce que bon hein, y'a des gens qui se prennent la tête à rédiger une information, c'est pas pour qu'on ne regarde que les photos ...

 

Est-ce à dire que le Boston Globe, s'est fait cette réflexion ? A dire vrai je n'en sais rien. Ce que je sais en revanche, par le biais des liens, est que son édition en ligne offre au lecteur une sympathique attention, The Big Picture (la grosse image littéralement).

 

The Big Picture, c'est une série de galeries, par thématiques, incluant la photo qui aura fait l'actualité, mais également celles qui n'auront pas été retenues pour un articles, dans un format que je qualifierais d'assez exceptionnel pour de telles archives accessibles librement.

 

S'y retrouvent pêle-mêle les démonstrations des forces spéciales chinoises, le tour de France, des ouragans, des observations spatiales, des futurs présidents, des feux de forêts, sous un format blog autorisant les commentaires.

 

Une magnifique banque d'images de l'actualité, brutes, mise à jour régulièrement depuis trois mois, pour observer un peu le monde, par les paysages, les hommes ou les évènements.

Florilège

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Vues de Jupiter : Europa, une lune de Jupiter prise par la sonde Galiléo (Galileo Project, JPL, NASA ; retraité par Ted Stryke)


 

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Le volcan Chaiten, au Chili, est toujours actif : démonstration du phénomène encore non élucidé d’attirance de la foudre au dessus des volcans en éruption (REUTERS/Carlos Gutierrez)


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Une tribu non recensée photographiée au Brésil, à la frontière avec le Pérou (REUTERS/Gleison Miranda – FUNA Handout)


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Après le tremblement : des mariés dans un séminaire catholique, alors que le tremblement de terre de la province de Sichuan vient d’interrompre leur séance photo, le 12 mai 2008 (AP Photo)


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Ethiopie, la crise alimentaire une fois de plus (REUTERS/Radu Sigheti)


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 Le quotidien à Sadr City en Irak : des enfants sautent et courent alors que les troupes irakiennes de la onzième Brigade viennent distribuer des rations alimentaires, le 20 mai 2008 (ALI YUSSEF/AFP/Getty Images)


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Visages du Soudan (REUTERS/Finbarr O’Reilly)


 

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Tout le monde concerné - Combattre la chaleur : une cour dans un quartier de Bagdad, 20 juillet 2008 (ALI YUSSEF/AFP/Getty Images)

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De l'eau, de l'eau partout (REUTERS/Rogan Ward)

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