mardi 24 juin 2008
De l'impromptitude raccourcie d'une dégustation fruitée
J’ai un pêché mignon, là, au fond du jardin, près duquel je me plais à venir m’adosser. Or il n’est pas un jour sans qu’il m’offre son fruit, et il n’est pas un jour sans que le prenne en main, caressant longuement le velours de sa peau, le flattant, le pressant, jouant un peu avec, serré entre mes doigts. Puis l’appétit me prend, une envie de sa chair, et du bout de ma langue, effleure le sillon, fendu au préalable d’être déjà bien mûr, l’écarte un petit peu pour mieux goûter la pulpe, et lèche avec langueur les gouttes qui se répandent à l’intrusion gourmande. Les lèvres sitôt s’en mêlent, pour contenir les pertes, et embrasser le fruit, sa peau tellement douce, aspirant et suçant les suintements goûtus, mordillant par à coups, accroître le débit, jusqu’à ce qu’affamé, les papilles excitées, je ne me retienne plus de dévorer la chair, et croque à belles dents le fruit si délectable.
Premier texte d'une série de quatre courts impromptus demandés pour une improvisation par thèmes. Pour celui-ci, le sujet était Le Plaisir --> Mordre un fruit pulpeux.
Illustration : Peachy, par ~pistolsugar, sur DeviantArt
20080606
samedi 14 juin 2008
Des moyens du transport
Sauter du train à pleine vitesse,
Quitter le confort rassurant
D'asthmatiques néons faiblissants
Pour gagner l'ombre impénétrable
Du tunnel de tous les possibles.
Coller ses talons à la roche,
Giflé du souffle des wagons,
Le dos au mur,
Les tempes glacées.
Et figé dans cet espace-temps,
Songer la question initiale,
La percevoir sous un autre angle,
Il n'y aura que solution.
A force d'impulsives expériences,
On doit bien finir par comprendre
Qu'il ya une porte au fond du train,
Et des gares où le train fait pause.
Mais subsiste toujours l'angoisse
Qu'il ne s'arrête, trop bien huilé,
Emporté par la dynamique
De l'instinct de conservation.
Alors on saute du train en marche.
Lâcheté ou folie sournoise,
Besoin de rompre pour avancer,
Sauter,
Toujours,
Quand assez contemplé le vide.
Sauter du nid en permanence
Sans trop parvenir à voler,
Mais comme la fourmi du conteur,
Réessayer jusqu'à trouver.
Ca finira par arriver.
Initialement posté sur l'animal en gestation avant que vingtsix ne perde quelques mois d'archives, et miraculeusement retrouvé sur une autre source ...
Illustration : Running train, par Russo, sur DeviantArt
20070115

