Sour Lounge

:::Vivisection à blog ouvert::: ::::::::::::Part2::::::::::::::::

lundi 25 février 2008

Des effeuillages irrémédiables

Exercice d'illustration d'image pour le forum Ogame.fr.


closion1li4





Je t'aime ...

Elle le trouva par erreur, le prenant pour un autre drapé dans son incognito. Il aurait pu l'ignorer, s'offusquer ; il a juste souri, amusé lui dit-il. Alors qu'elle s'excusait pour l'intrusion, ses premiers paroles furent : il n'y a pas de hasard. Ce fatalisme la toucha. Il l'attendait sans même le savoir.

... un peu ...

Ils ont donc échangé. Il lui apportait un espoir qu'elle pensait avoir perdu, elle lui offrait la poésie qu'avaient abandonnée ses pensées, et leurs mots s'entrelacèrent pour pousser plus haut, tutorat l'un de l'autre.

... beaucoup ...

Progressivement, leur présence réciproque était devenue une nécessité. Une journée passée sans s'attraper était terne, les pensées de chacun tiraillées par une soif que l'autre seul pouvait étancher.

... à la folie ...

Cette attraction des esprits déboucha inéluctablement vers une attirance des corps, lorsque prise d'une impulsion soudaine et irrépressible, elle sauta dans un train pour le rejoindre, le temps d'un week-end de magie.

... passionnément ...

Alors, comme les autres, la nuit consommée, il finit par disparaitre, sans plus donner de nouvelle, la laissant seule avec son désarroi et ses espoirs déçus, nue.

... pas du tout ...


Illustration : par mazOr, sur Board.ogame.fr
070813

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vendredi 15 février 2008

Des automates scriptocrypteux (2nd shot)

Ecriture automatique pour un sujet d'écriture du forum Ogame.fr.


Alone_by_Beherit

Une envie séditieuse de voler dans les plumes, d'arracher au corbeau et l'outil et la teinte pour consteller l'azur d'enfilades de tâches, poser des étoiles noires dans un ciel maritime, peindre la lune en rouge, du sang du sacrifié et courir droit devant, de nuages en nuages, volant à demis mots dans les plus bas décombres, y trouver une perle à croquer sans vinaigre, un bonbon écarlate à laper d'abondance, des pointes de rubis à crisser sous l'émail, qu'une fois rassasié le vol se fasse plus libre, une voie lactescente pour parcourir le vide, entre mortelles passions et immortel désir, un rondeau aérien aux sulfureuses passes, une montée en enfers, à la rame comme un grand, Charon est en vacances, le Styx coule à l'envers.

Bientôt les ailes s'étiolent, retour imaginaire, Icare cherche du feu pour nourrir son cancer, et la muse s'amuse de garder le silence, accroupie sur l'autel des foyers d'orphelins, une badine à la main, innocente coupable.

Le verbe peut s'éteindre.


Illustration : Alone, par ~Beherit, sur DeviantArt
070218

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dimanche 10 février 2008

Des cavalcades incontrôlables

Gun_Meets_Head

C’est pas la volonté qui te fait avancer,
Ce n’est que la colère,
Glissée dans le canon pour contrôle trajectoire,
Projectile en fusion, brûlant avant la poudre,
Pas besoin de graisser, lubrifiant reflets ambre,
Ca suffit pour glisser,
Surgir dans une flamme,
Et ravager les portes des celliers mnémoniques,
Péter les protections et prendre la cité.

Belliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu hargneux,
Un p’tit peu remonté, le ressort trop serré,
La cible est à portée, mais porte une auréole
Et j’ai fait catéchèse, tamponné aux valeurs.

Une arme entre les mains, braquée sur ta victime,
T’hésites et tu es mort, t’es pas le seul armé,
T’es pas le seul nerveux,`
Crache donc tout ton chargeur,
D’une seule traite,
D’une rafale,
Réfléchis surtout pas,
A chaque minute qui passe,
C’est un peu de ta vie que tu donnes pour caution,
Une foutue hypothèque sans garant ni apports.

Bélliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu à cran,
Un p’tit peu sous pression, chaudron à déborder,
La cible est à portée, mais a statut d’icône
Et j’ai joué les groupies, formation aboyante.


C’est pas la volonté qui te fait avancer,
Ce n’est que la colère,
Munition irradiée à l’heure de Tchernobyl,
Uranium appauvri aux absences de fierté,
Un truc sans foi ni loi,
Un machin de malade qui te ronge les neurones,
Les dévie de leur cours,
Fait sauter les barrages, fragiles après impact,
Et lance la déferlante des solutions gratuites,
Des questions restées tues et des manques de dialogue.

Belliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu curieux,
Un p’tit peu en recherche d’une porte de sortie,
La cible est à portée, mais à statut tabou,
Ch’uis pas assez sorcier pour lever sortilège.

Alors je lève le chien, j’arme dans un cliquetis,
Braque la bouche à la tempe,
Un baiser improbable,
Et attend que les lèvres laissent pointer une langue
Pour gober goûlement un cachet explosif,
Plutôt noir, le salpêtre,
Et m’étourdir des ouïes dans la détonation,
Pas une lobotomie, une coupe transversale.

Belliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu anxieux,
Un p’tit peu incertain de trouver les réponses,
La cible est à portée, mais a statut d’ancien,
Inscrite dans les circuits depuis bien trop d’éons.


C’est pas la volonté qui te fait avancer,
Ce n’est que la colère,
Une balistique psychique inframoléculaire,
Signée de l’armurier, un vrai nom de bouteille,
Technologie de pointe sans risque collatéral,
Ca tape où ça fait mal, ça te sonne, te réveille,
Toi et quelques démons insensibles au calibre,
Manques de félicité, des manques de confiance,
Des pâturages brûlés pour bétail un peu maigre,`
Et si l’appétit manque, le désir est tatoué,
Un fer blanc sur le cul, fleur de lys à l’épaule.

Belliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu sérieux,
Un p’tit peu désireux d’amputer les tumeurs,
La cible est à portée, mais a statut biotique,
Chirurgie construction sans once d’anesthésie.

Une cible dans la peau, que l’on sache où viser,
Un point entre les yeux, un troisième œil létal,
Et l’éveil des consciences, on ne compte plus les prises,
Le réalisateur aime beaucoup les poursuites,
Surtout si parsemées de quelques explosions,
Il a des caméras pour filmer tous les angles,
Budget hollywoodien et superproduction,
C’est du divertiss’ment.

Belliqueux, jolie dame ?
Juste un p’tit peu soucieux,
Un p’tit peu incertain quant aux risques encourus,
La cible est à portée mais a statut freudien,
Faudra baiser le père et abattre la mère.


C’est pas la volonté qui te fait avancer,
Ce n’est que la colère,
Douille de cuivre et laiton enrobant frémiss’ments,
Histoire de contenir avant la percussion,
On serait mal barré dans un cas d’enrayement,
Le stand vient just’ d’ouvrir, les cartons bougent à peine,
La peluche à gagner, aussi laide soit-elle,
Appelle à la tendresse, une espèce de fée,
Transformation et vœu
Qui n’offre ses services qu’aux âmes bien apurées.

Mais on cause et on cause, et l’élan initial a perdu son aura,
Relégation de fait aux soupentes en chantier,
L’arme à portée de main, je demeure aux aguets,
Prêt à faire premier feu, prêt à me purifier.

Belliqueux, jolie dame ?
Si peu ...


(Illustration : Gun Meets Head, par ~j4m1350n, sur DeviantArt)

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mardi 5 février 2008

De la monarchie du projet (part2)

(Première partie ici)

Crying_For_Attention_by_E_X_O_G_E_N



Bruits de meubles qu'on déplace. En bas, les domestiques qui ne viennent que pour ces occasions sont en train de transformer le grand salon lumineux en pièce sombre. La grande table est retirée pour laisser la place aux machines et à l'autel. Des bandes de moquette pourpre protègent le précieux parquet.

Petit Garçon a un haut-le-coeur à la pensée des fluides qui seront encore répandus ce soir. La dernière fois, un doigt avait été oublié par les nettoyeurs. C'est Petite Soeur qui l'avait trouvé le lendemain en arpentant le sol sur ses quatre pattes. Mère avait promis que le coupable de cette négligence serait émasculé. Il ne sait pas ce que ça veut dire, mais se doute que c'est une punition terrible.

Mère ne donne que des punitions terribles, à tout le monde, excepté Père. Les domestiques le savent, et craignent sa colère. Surtout depuis la nounou suédoise. Elle avait crié fort qu'elle allait prévenir les autorités, avertir l'extérieur sur ce qui se tramait ici, sauver ce qui restait des enfants.

Mère lui a coupé les pieds et les mains avant de lui couper la langue, pour le plus grand plaisir des habitués de la pleine lune. Après les gendarmes sont venus annoncer qu'ils l'avaient trouvée dans un état effroyable, sûrement l'oeuvre d'un malade. Mère leur a dit merci dans un sourire qui disait ho quel malheur, et leur a fait servir quelque chose de fort pour leur remonter le moral.

A la soirée suivante, le colonel Sanglier est venu s'excuser du dérangement occasionné par ses hommes. Mère l'a rassuré en lui disant qu'ils l'avaient beaucoup faite rire, mais qu'elle ne serait pas contre de plus viriles excuses ou un enfant du voyage, au choix.

Petit Garçon ne sait pas d'où viennent les autres enfants. Ils changent à chaque fois et il arrive qu'ils se retrouvent seuls, Petite Soeur et lui. Dans ces cas là les masques sont moins nombreux. Quand il y en a, ils ne sont guère plus âgés que lui, garçons et filles indistinctement. Souvent il y a un nouveau-né.

Derrière le verger, une dalle en béton protège l'accès du souterrain dans lequel sont enterrés les enfants, ou ce qu'il en reste. Père ne veut pas qu'ils s'en approchent, mais des fois, quand Père et Mère sont sortis, il lui arrive de s'allonger sur la dalle chaude. Il pleure un peu au début, puis il leur parle, leur raconte des histoires pour les distraire. Comme ils ne répondent pas, il ne sait toujours rien d'eux.

Petit Garçon n'a pas d'autres amis. Le domaine est entouré d'un haut mur surplombé de fils barbelés. Des caméras de surveillance relaient tous les mouvements dans le parc à un central, et des hommes en armes patrouillent régulièrement. Aucun moyen d'entrer ou de sortir. Père dit que le monde derrière les murs n'est pas fait pour les petits garçons.

Petit Garçon n'a plus personne à qui parler. Petite Soeur refuse obstinément de prononcer le moindre son, pas même le gazouillis qu'on peut attendre d'une enfant de son âge. Elle se contente de regarder les gens avec un oeil noir plein de reproches. Ca fait un peu peur, alors il lui sourit. Une fois elle a répondu. Il y a longtemps.



Un grand bruit suivi d'un grand silence. L'heure est venue.

Des bruits de pas dans l'escalier de maître. Des bruits de pas dans le long couloir.

Petit Garçon n'a plus de larmes. A la place, un grand froid vient s'installer jusque dans ses os.

Il jette un regard implorant à la vilaine lune, comme à chaque fois. Il jette un regard triste à Petite Soeur, comme à chaque fois. Il jette un regard de détresse à sa seule peluche, comme à chaque fois. Il jette un regard terrifié à la porte, comme à chaque fois.

Elle s'ouvre.



Comme à chaque pleine lune ...

Illustration : Crying for attention, par =E-X-O-G-E-N, sur Deviantart
070801

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samedi 2 février 2008

De la monarchie du projet (part1)

Uncle_Sam__s_Mind_Control_by_bobjim






Dans sa prison dorée, Petit Garçon pleure doucement, et la lune froide fait des ses larmes les éclats d'un verre brisé.



Comme à chaque pleine lune, Mère les a fait baigner, Petite Soeur et lui, sans les autoriser à manger, puis les a fait camper devant une boucle de films de Walt Disney. Ces animaux bavards lui font peur. Il les préfère tout de même aux autres animaux qui se pressent déjà dans le grand salon.

Comme à chaque pleine lune, le manoir bruisse de conversations bruyantes, de couverts entrechoqués, de verres tintants. Sur un guéridon précieux, une horloge de Fabergé égrène les minutes qui les séparent de l'heure fatidique.

Au vingt-troisième coup, Petite Soeur et lui seront amenés aux invités de Père et Mère. Père lui posera la main sur l'épaule pour lui rappeler son devoir d'être un bon garçon, Mère le poussera au centre de la grande pièce.

Défileront alors les animaux auxquels ils seront livrés en pâture, le gros général Taureau, l'évèque Furet, le sénateur Chien, et les autres, et il se forcera à les fixer entre les deux trous de leurs masques. Refuser de s'attarder sur leur obscène nudité pour différer encore un peu l'instant.

Alors on leur enlèvera leur chemise de nuit à tous deux, et d'autres enfants gémissants, pleurnichants, pleurant doucement, aussi nus qu'eux, viendront les entourer.

Petit Garçon sait qu'il est le moins malchanceux de tous. Depuis que Grande Soeur a succombé au tisonnier brûlant, Père a ordonné qu'il soit ménagé. Ho juste assez pour toucher au lever du soleil. Et puis aussi parce qu'il devra un jour prendre la tête de la maison.

Parfois pourtant il envie ces enfants éperdus qui ne passeront pas la nuit. Ils souffriront atrocement avant de fermer les yeux, mais n'auront pas à les rouvrir sur une autre lune.



Dans la cour les chiens aboient. Mauvais signe. Il y aura chasse. La terreur de la poursuite le laissera tremblant, il se fera gronder plus facilement encore, et surtout, il aura plus de mal à se réfugier dans un coin sombre de sa tête lorsqu'on le livrera aux bourreaux. Les larmes coulent de plus belle.

Mère au début le faisait boire, des liquides déchirants pour son jeune estomac, mais qui quelques instants le rendaient presqu'indifférent. Il finissait hélas par vomir sa bile sous les rires tonitruants de l'assemblée, et le supplice n'en était qu'accru.

Des fois il aimerait bien prendre cette vapeur qu'inhale Petite Soeur avant chaque séance. Ses grands yeux clairs se voilent, et elle se réveille le lendemain d'un rêve horrible qu'elle refoule bien vite. Père prétend qu'à cinq ans, il est temps qu'il se comporte comme un grand et lui interdit cette porte de secours.



En bas le gong retentit. C'est ainsi qu'est annoncée la grande femme Chouette, la pire de tous. Elle ne l'a jamais touché encore, et sans doute ne le fera-t'elle jamais. Elle se contente de lancer des ordres secs, disant aux uns et aux autres ce qu'ils doivent faire, comme ils doivent manipuler les enfants, quelles tortures ils doivent subir.

C'est elle également qui, dressée au dessus de l'autel en noir, égorge un nourrisson en chantant des chansons qui font peur.

Petit Garçon ne connaît que ses yeux, entre le vert et le jaune, comme le crapaud que Petite Soeur a attrapé une fois. Des autres il sait tout, Père a veillé à ce qu'ils connaissent leurs maîtres, même s'ils font semblant de rien lorsqu'ils visitent le manoir.

Il dit que ce sont des gens de pouvoir. Il dit qu'ils tiennent le monde entre leurs mains. Il dit que c'est pour ça qu'il faut toujours leur obéir, même quand ça fait peur ou quand ça fait mal. Il dit que quand il sera grand, il sera comme eux.

Petit Garçon obéit à Père, même s'il ne comprend pas. Il a envie de devenir un grand pour ne plus subir tout ça. Il n'a pas envie de devenir un grand pour ne pas se comporter comme eux.

(à suivre)

[né de la lecture de l'article suivant : Les mystère de l'opération Monarch]

Illustration : Uncle Sam's Mind Control, par bobjim, sur DeviantArt

Posté par aanubis à 14:00 - Copisteries monacales - Commentaires [3] - Permalien [#]



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