Sour Lounge

:::Vivisection à blog ouvert::: ::::::::::::Part2::::::::::::::::

mercredi 30 janvier 2008

All about a white little girl

emily_by_NoahWhyler

Black hair,
Black eyes,
Black lips,
Black glance,
Feathers and holes
Hiding her face.

Black lace,
Black nails,
Black rings,
Black pins,
Metal and stones
Biting her skin.

Black shirt,
Black skirt,
Black tights,
Black boots,
Leather and chains
Hiding her bones.

Black thoughts,
Black moods,
Black needs,
Black tears,
Anger and pain
Biting her heart.

And a white smile of her whole teeth
Onto her pale round dolly face,
When she dreams 'bout that sweet black boy
Shaking his dreadlocks and laughing.

Illustration : Emily, par NoahWhyler, sur DeviantArt

Posté par aanubis à 11:52 - Copisteries monacales - Commentaires [2] - Permalien [#]

lundi 21 janvier 2008

De la grandeur d'un bleu profond

Exercice d'illustration d'image pour le forum Ogame.fr.


bbramrodv4ua8





Les bouteilles pleines, torpilles de survie posées sur le ponton, lui tirent un triste sourire. Compagnes de ses plus belles découvertes, de ses silences les plus marquants, elles n'ont jamais failli à le ramener à la surface. Jusque dans les pires plongées, elles lui ont apporté sans coup férir le précieux oxigène. Avant le reste de son équipement, elles sont les témoins de sa longue vie, ses seules réelles possessions, son héritage.

Pourtant, cette nuit, le cordon ombilical devra se rompre et cet héritage se perdre dans les profondeurs.




Ses jours sont comptés, goudron et nicotine ont tapissé la moindre de ses alvéoles, terreau à l'éclosion du crabe, et le médecin, un jeune homme fringant, a eu la décence de n'y aller par quatre chemins : cancer généralisé, espérance de vie de quelques semaines, assistance médicale permanente pour ses derniers jours. Il en a éclaté de rire sous le regard consterné du praticien.

Il s'en doutait il faut dire, l'attendait presque cette sentence. On ne rit pas impunément au nez de la vie sans que sa consoeur la camarde ne vienne y mettre son grain de sel.

Ses amis sont déjà tous partis, malédiction de l'âge, et les femmes dont il goûta jusqu'au bout de ses possibilités ne sont plus que de tendres souvenirs. Ne lui reste pour seule compagne que la mer, amante aussi voluptueuse que dangereuse, elle le bercera en son sein une ultime fois.



Le moteur finit par crachoter, ) court de mazout, et le canot se laisse brinquebaler entre creux et crêtes, un fétu perdu dans l'immensité.

Dans la nuit limpide, son dernier regard va à la lune, qu'il aurait plus aimé s'il avait pu la toucher, puis il bascule en arrière dans le grand bleu.

Le lest, supérieur à son habitude, le tire paisiblement vers le fond inaccessible et les bulles rejetées par le détendeur font une traine à sa descente, égrénant la vie qu'il quitte enfin.



L'euphorie le gagne bientôt, cette ivresse dite des profondeurs qu'il a si souvent goûtée, recherchée même. Il songe à son dernier verre de mezcal et tressaute sous des rires silencieux en se disant que cette fois il aura droit au ver.

L'ordinateur de plongée émet une vibraton désagréable pour signifier la moitié de la réserve. Deux cent mètres déjà, deux cent mètres d'une obscurité d'encre, percée du seul maigre fasceau de sa torche. ll arrache l'instrument de son poignet, ce bruit que ne perçoivent que ses os trouble sa quiétude.



Autour de lui se regroupe maintenant le banc de ceux qu'il a aimé : José et ses bacchantes hérissées, aussi prompt au rire qu'aux larmes ; Maria et ses yeux d'ombres, promesses de brasiers charnels ; Muneca, la taciturne, que l'amour semble rendre à la vie ; Manuel le bravache, prompt à risquer ses os pour les charmes d'une belle ; Rodriguez le sage, dont les mots ne sortent jamais par hasard ; Isadora la tendre, éternelle maman de ces vieillards inconscients ...

Ils sont là, ses défunts, heureux de le voir enfin les rejoindre, n'osant encore le toucher, il lui reste malgré tout trop de chaleur pour supporter leur étreinte glacée.



Il descend toujours, engourdi dans sa combinaison pourtant épaisse, joyeux, jamais il n'était arrivé si loin sous la surface. Il descend, et la pénombre se dissipe, empreinte d'un bleu vif, improbable, inattendu. La fin du voyage se profile.

Alors il arrache son masque, un sourire hilare aux lèvres, crache le détendeur et se pourlèche les babines. Pour un beau ver, c'est un beau ver !



Illustration : de Ramrod, sur Board.ogame.fr
070621

Posté par aanubis à 14:00 - Copisteries monacales - Commentaires [3] - Permalien [#]

samedi 12 janvier 2008

De la noirceur en décalé

laughing_out_loud_by_kajali

Convenons, convenons, l'ambiance n'est pas à la franche rigolade, et les quelques textes plus ... légers, ou plus ... optimistes sont programmés pour un peu plus tard, ce qui laissera le temps d'achever (mon suicide dirait Thiéfaine)(ou pas, doutè-je soudain) ceux qui convulsent encore à grands coups d'ignominie, de morts convenues et autres tortures préméditées. Soit.

Où le bât blesse, car bât il y a blessant pour que j'outrepasse le programme initial en me donnant bonne conscience (sans répondre aux commentaires)(le bon souvenir, demoiselle Just)(on peut pas tout avoir), c'est que noir et blanc alimentent ma grisaille, et malgré la tendance aux ombres, le sourire existe, les pas vont de l'avant, et pas seulement à reculons, bref, ça va moins pire que ne laisse présager l'affichage.

Ceci donc pour trouver la bonne résolution de l'année qui accessoirement me permet de la souhaiter bonne aux égarés accidentels venus trébucher dans ce salon, et la saisir haut et majuscules : je cherche des rayons de soleil à incruster dans les lignes, et tâche ne plus seulement me complaire dans les élucubrations cérébrospleenales ...

Après, les bonnes résolutions, vous savez ce que c'est, hein, ça a souvent des relents de premier avril avant l'heure ... Puis le genre de présente incartade n'est pas supposé se reproduire bien souvent, donc, j'aurais beau pondre de la beauté gluante de bonne humeur et luisante d'optimisme, ce n'est pas pour autant qu'elle accèdera à la publication. Ceci dit, le cas échéant impliquerait sans doute plus une aggravation de l'état général que l'inverse, il y a des limites, tout de même.

Tout ça pour dire qu'on verra, et en substance, donc, ne rien dire, ce que je tenais à signaler.

Sur ce je retourne bosser ...

Illustration : laughing out loud, par Kajali, sur DeviantArt

Posté par aanubis à 12:20 - Chroniques de l'ennui - Commentaires [3] - Permalien [#]

vendredi 11 janvier 2008

De l'occulte musicalité

Exercice d'écriture sur le thème de l'Occulte avec pour seule contrainte l'audition de cette playlist (publication initiale sur le forum de jeu Ogame ; dernier texte publié - donc mangé - sur Animal en Gestation)



a_better_place




Dans les rues de la ville, entre deux maisons neuves, une grille torturée, un haut mur de pierres. Une chaîne rouillée pend aux barreaux noueux, lierres et mauvaises herbes confortent le portail. Nul ne sait, ne devine quel obscur secret se tapît par-delà l'infranchissable enceinte.


Les pratiques imaginent une famille ruinée, contrainte d'abandonner ses biens immobiliers faute de pouvoir encore entretenir le site, ne trouvant acquéreur, ni promoteur avide. Les romantiques fantasment sur un jardin secret, un sanctuaire d'amour que ne fréquenteraient qu'un couple illégitime passant à dérobade par une petite porte masquée sous les broussailles. Les inquiets se demandent le nombre de cadavres enterrés par pleine lune des mains d'un assassin, froid et insaisissable, croquemitaine urbain dont les polices ignorent jusqu'à son existence.

La clef est arrivée sous enveloppe jaunie, adressée à fine plume, écriture désuète, une main féminine usant d'encre violette, une missive d'autres temps, quand les guerres étaient proches. La clef est lourde et froide, luisant entretenue dans le spot halogène, et entre les doigts gourds paraît pourtant bien grande, sésame à tout le moins d'une porte des enfers ou d'un portail céleste. Dans l'enveloppe un mot, de la même écriture, quelques lignes, une adresse, la mention du passé, des années d'insouciance quand le sourire traçait un croissant éclatant où ne restent que sillons.

La démarche hésitante, le pas mal assuré, les jambes ont remonté les pavés chaotiques, Sysiphe poussant son âge une dernière fois, une hâte ralentie vers un tendre souvenir. Au sommet la serrure est amante impatiente, la clef tourne sans peine dans un déclic joyeux, et les fers forgés glissent sans un grincement, tout juste ralentis par les ronces des contes. Apparait cet Eden laissé à la nature, pommiers blancs, tapis neige, colonnes et velours d'un temple arborescent, simple banc pour autel baigné d'un pâle soleil, s'y asseoir pour le culte.


Reviennent les rires d'enfants, la folie d'une fratrie, les courses l'un après l'autre, les secrets murmurés. Reviennent les choix de route, séparations de vie, le lent éloignement, l'érosion de l'oubli. Reviennent les absences, le besoin de parler, chercher l'autre dans la nuit, regretter l'égarement.


Mais les yeux se referment sur un dernier sourire, ils sont là à nouveau, un corps précédait l'autre, réunis finalement à l'ombre des pommiers, des pétales pour linceul, même terre pour sépulture.





Illustration : A better place, par damnengine, sur DeviantArt
070219

Posté par aanubis à 14:00 - Copisteries monacales - Commentaires [2] - Permalien [#]

mardi 1 janvier 2008

Des automates scriptocrypteux

Ecriture automatique pour un sujet d'écriture du forum Ogame.fr.



ddr0079_manifestation


... mais êtes-vous réellement vivants alors, serpentaires indécis aux plumes de métastases ? Vous portez à vos bouches le fromage lacrymal des corbeaux de fortune, empesés du remord des sombres solitudes, et vos âmes anoblies au ferment des terres vierges ne sont que fantaisies d'un démiurge aviné. Le ciel est votre enfer, votre condamnation, l'arpentant à tire-d'ailes entre deux éclaircies, pourtant il vous dispense de paraitre inhumain, et pour ce la torture n'est qu'une douce passion. Passion pour le vivant aperçu dans la toile, pour l'araignée vorace dévorant son amant, pour l'amoureux transi brulant ses allumettes, pour la petite marchande assoupie sous la neige, pour la blancheur spectrale d'un coucher de Sélène, pour l'haleine empesé d'un ivrogne au long cours, passions passées au temps des ennuis dérisoires, et des regards hagards. Les égards vous confortent, nobliau de fortune, et lissent votre ramage aux huiles pétrochimiques, ange aux ailes mécaniques tombé d'un bulldozer à la chenille rompue malgré ses mille-pattes, insecte névropathe fumeur de narguilé sur un champignon fou aux airs hallucinés, Mélusine douchée nue aux fontaines de Jouvence, la chevelure-entrave mordant l'immaculée. Et vous précipitez de vos cris effarés une lente décadence, une danse décalée, une folle sarabande de lutins triphasés, jusqu'à ce que le verbe, libéré de carcan, touche enfin d'un seul cil aux nuées imagées, rompu de cavalcade aux confins du conscient.


Illustration : Manifestation, par Deaddreamer sur DeviantArt
060929

Posté par aanubis à 14:00 - Copisteries monacales - Commentaires [2] - Permalien [#]



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